« L'invention de nos vies » de Karine Tuil.

« Retour   |  Date : Jeudi 17 septembre 2015

Voici quelques idées recueillies au cours de notre dernière soirée du club lecture :
 

" Nous nous sommes retrouvées chez Charlotte pour discuter du livre « L'invention de nos vies » de Karine Tuil. Encore une bonne suggestion de Pauline au vue des retours positifs des lectrices qui ont toutes aimé ce récit autour de personnages avides de réussite mais échouant à être heureux.

 Le style un peu agressif, façon rap, des premières pages a fait craindre à certaines une lecture pénible : phrases interminables, accolement de plusieurs noms, verbes séparés par un « / » ou un tiret, mots écrits en majuscule. Mais, après une dizaine de pages la narration se fait plus légère, plus douce. L'emploi d'adjectifs, où habituellement une tournure de phrase avec un nom est utilisée, nous a fait nous plonger dans notre dictionnaire ( p.45 « esprit clamique », p.375 « céruléen »). Cette abondance d'adjectifs apporte à la narration et à la description des sentiments beaucoup de profondeur, de richesse et de finesse. L'auteur aime utiliser l'accumulation pour faire passer un message comme p.226 où elle commence à lister tout ce que Samuel ne pourra plus faire avec Nina en n'utilisant que des phrases négatives. C'est grâce à ce passage que l'on se rend compte que Samuel n'était pas passif dans sa relation avec Nina.

Nina devient le jouet que s'arrache Samuel et Samir, une poupée passive qui ne souhaite qu'une seule chose un enfant. A la fin du livre, les femmes se libèrent enfin de l'emprise des hommes.

Le livre aborde aussi des sujets difficiles et actuels comme la vie dans les banlieues, la discrimination, l'extrémisme religieux, la quête du bonheur.

Via Samuel, l'écrivaine livre aussi ses réflexions sur le métier d'écrivain p.296 « Ecrire c'est accepté de déplaire ».

Le livre se finit par la liberté retrouvée de Samir tant physique que morale face à « l'obligation de réussir – cette lame que la société vous place sous la gorge » p.494. 

En écrivant plus de quarante annotations telles que p.90 « James Liver, 43 ans, joueur de pocker. Rêvait de gagner le gros lot pour « changer de vie » » et p.372 « Latifa Oualil, 16 ans. N'a aucune idée de ce qu'elle veut faire de sa vie », Karine Tuil veut mettre en valeur la vie des « admis dans la confrérie des finis/des ratés/des has-been, ceux que l'âge ou l'échec ont marginalisés, les sans-papiers et les sans-grade, les petits et les simples, les inconnus et les ternes ".

 

Un livre plus riche et profond que les livres que nous avons lus précédemment ! "



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