Marche à Plasmolen

« Retour   |  Date : Mercredi 10 décembre 2014

Médusés, c’est le mot,  nous étions médusés lorsque nous nous sommes retrouvés sur le parking de Plasmolen à 10h sonnantes, il tombait des cordes, fait exceptionnel un jour de marche de Nimègue Accueil. Les plus optimistes prédirent que la pluie cesserait  vers 10h30, d’autres plus réalistes vers 11h30, finalement  c’est vers 11h15 que le soleil est apparu. 

Notre guide ,Violette, nous dévoila les raisons de la popularité de Plasmolen ; Plasmolen avec  Molenhoek , Middelaar et Mook  est une des 4 aglomérations qui forment la commune de Mook-Middelaar .

Plasmolen se trouve au pied du rebord morainique qui s’étend  de Nimègue à Gennep sur une vingtaine de kilomètres , formant avec la Meuse une plaine marécageuse .

Déjà les Romains s’y installèrent en construisant sur le flanc du  St Jansberg leur plus grande villa  des Pays-Bas; aujourd’hui seule l’enceinte marquée par de blocs de pierre au sol  et  une charpente métallique donne ses dimensions et impressionne par sa taille. Un pont romain reliant la rive de Middelaar à celle de Cuijk , de l’autre côté de la Meuse, très vite détruit après le départ des Romains,  est encore de nos jours remplacé par un simple bac .

Piquant détail de l’histoire, les troupes françaises enrôlées lors de la fameuse guerre des 80 ans (tachtig-jarige oorlog ) dressèrent leur camp militaire sur la plaine entre la Meuse et la colline, c’est à dire derrière le jardin de notre guide  qui se plaît à imaginer que des compatriotes ont  alors séjourné dans son jardin.

L’histoire dit aussi que quelques siècles après la bataille du “Slag op de Mookerheide” , Kiste  Trui , habitante du village, creusa et retrourna  le sol de la commune durant  toute sa vie pour  y retrouver un soi-disant trésor que  Lodewijk en Hendrik van Nassau y auraient enfoui; de nos jours la statue  de Kiste Trui  orne la place de la mairie de Mook.

La terre du marécage a été  retirée pour fabriquer des briques dans la fabrique de Milsbeek, et petit à petit le marécage s’est  transformé en plan d’eau; l’aménagement fut  terminé  dans les années 80;  la Mookerplas ( ce sera la nom)  offrant  ainsi aux habitants de la région un magnifique  lac  et un village  de loisir.  Puis, le camping et les deux  ports de plaisance El Dorado, et  De Driessen, les divers restaurants et les maisons de vacances  en font de nos jours un endroit  particulièrement recherché par les grands et les petits. 

Il pleuvait toujours à verse ; armés de bonnet, gants et parapluies nous sommes  partis  à la  découverte de ce coin de rêves. Le parapluie de Sabijn au pourtour dentelé, acheté lors d’une visite au fantastique Cirque du Soleil,  battait le record de l’originalité .

 Après avoir traversé la nationale 271, nous sommes entrés dans la forêt où les arbres centenaires dénudés tendaient leurs bras maigres et tordus vers le ciel gris. Leurs troncs noirâtres contrastraient avec le roux des feuilles mortes apportant une note poétique.

 Au loin  au creux du chemin nous apercevions la fameuse “ Groene Water”, petit bassin dont les eaux sont vertes toute l’année. Lucile nous donna une théorie sur cette couleur verte , hélas pas confirmée par notre agronome Hans.

Cette “eau verte” inspira les peintres du début du 20e siècle  qui,  comme ceux de France,  partirent à l’extérieur vers la nature et créèrent diverses écoles. En France la fameuse  École de Barbizon, ici la colonie  “Kunstenaars kolonie Plasmolen”. Parmi ces peintres Dirk Ocker et Jacques van Mourik, une centaine de toiles de ce dernier sont exposées à la mairie de Mook-Middelaar.             

Le petit cours d’eau qui découle de la “Groene Water”  nous mèna au moulin  qu’il alimente ; ce moulin fut  construit au XVIIe siècle pour la fabrication du papier et plus tard pour moudre le grain.

Et, sur la gauche sur le flanc de la colline de 79 mètres , nous apercevions les contours de  la villa romaine. Quelques intrépides bravèrent les dangers de la glissade et montèrent au sommet sans crainte d’une descente périlleuse, finalement tout se passa bien.

 Alors, sortis du bois,  nous avons retraversé la nationale 271 pour découvrir la “Mookerplas”   bordée au loin  par les bateaux de plaisance dont les couleurs vives s’allumaient sous les rayons du soleil.

Au fait, quelle heure était-il ? qui avait eu raison ? il était  11h15,  les réalistes avaient prévu le soleil pour 11h30, nous venions de gagner  un quart d’heure de douceur printanière.

Comme, nous avions déjà marché  depuis  plusieurs kilomètres , certains s’interrogeaient sur la faisabilité du tour du lac c’est à dire  5 kilomètres de plus.

Mais  pas question d’abondonner , il faisait trop beau et le paysage était trop attrayant.  

En passant devant une nouvelle construction jaune ocre, nous nous interrogions sur le nom de cette  cafétaria , centre de loisirs nautiques : “Dushi”?; certains savouraient  déjà de délicieux sushis, mais que nenni,  Dushi est un mot qui vient de Curaçao et qui veut dire “chéri”,  donc aucun rapport gastronomique. 

Après avoir longé le port de plaisance El Dorado  sur le Witteweg, nous sommes arrivés   au bowling  ”Het Zuiden”  à Plasmolen où nous avions réservé une table. 

La marche de 8 kilomètres ayant  avivé notre appétit,  c’est sans nous faire prier que nous avons oublié que nous étions dans un centre de sport et que nous avons dégusté la seule proposition de la carte, régime sportif oblige,  une tarte aux  pommes faite maison. 

Finalement en rejoignant nos voitures,  nous constations qu’ une fois encore la marche se terminait sur un soleil radieux.



Ambiance

« cliquez ici »

Agenda du mois

  • Mercredi 15 novembre 2017
    Club de marche à St Walrick
  • Vendredi 17 novembre 2017
    Beaujolais nouveau