Marche du 8 octobre 2014: Wolfheze

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Récit de la marche à Wolfheze ( Wodanseiken & Wolfhezer Heide )  8 octobre 2014. 

« Allez, on y va! »

Ce fut la décision juste prise par Violette à 8h 30 ce mercredi 8 octobre en réponse au pessimisme d’Evelyne devant  le ciel lourd de nuages qui menaçaient d’arroser copieusement les promeneurs.

Bien couverts et munis de parapluies, on s’est retrouvé à 10h 15 au parking De Oude Kloosterweg 1 à Wolfheze (6874 AA), en face de l’Hôtel Wolfheze. Pour les courageux venant du sud, une déviation par Doorweth a causé quelque angoisse mais tous étaient merveilleusement à l’heure !

Et tout aussi merveilleux : le temps sec !

Les sudistes (région de Nimègue) comptaient dans leurs rangs: José, Violette, deux Françoises et Marjan . Les nordistes (région d’Arnhem): Anne, Hans, Elisabeth et Evelyne.

Rassurez-vous : Nord et sud firent très bon ménage. Plusieurs participaient pour la première fois, et ce fut l’occasion de faire connaissance.

Anne et Evelyne complotèrent un parcours dessinant un 8 qui devait nous ramener vers 12h à la Brasserie de Paris (quel voyage !), ainsi s’appelle le restaurant-café de l’hôtel Wolfheze situé en face de notre parking. José, rassurant, nous a confié avoir commandé la pluie pas avant midi…. 

Le pas rapide dura peu car le sol glissant des bois nous ralentit aussitôt. (Françoise M. heureuse !)... et pendant près de deux heures, on a marché tranquillement ….tout en bavardant à bon train. Au total près de 5 km, avec beaucoup de plat, une balade détendue enrichie des  commentaires intéressants d‘Anne sur les éléments caractéristiques du site et d’une rencontre tout aussi intéressante avec des bénévoles de Natuur Monumenten. Vers la gauche, nous entrons dans le bois. Notre premier arrêt est pour les Chênes de Wodan (Wodanseiken).

Parmi les autres arbres, ils se distinguent par leurs large silhouette, leurs branches ayant poussé à l’horizontale. C’est la preuve que leur croissance n’a pas été gênée par d’autres arbres ; à l’époque, il n’y avait de bois ici, c’était une zone ouverte. Ils sont très vieux (env. 400 ans) et abîmés. La plupart ont une forme bizarre qui leur a valu ce nom d’un dieu germanique Wodan. A la fin du 19e siècle, ils ont été peints par les peintres paysagistes de l’Ecole d’Oosterbeek  (Bilders, Maris, Mauve…) ce qui les a rendus célèbres au-delà du village. Plusieurs photos de ces tableaux sont fixées aux panneaux d’explication situés sur le parcours. Anne qui s’est souvent promenée ici confirme l’évolution, plutôt la dégradation de ces vieux arbres au fil des années. Néanmoins, leur silhouette particulière accrochée aux bords d’un profond ruisseau à sec nous donne envie d’admirer ce coin très spécial, « enchanteur » comme a dit l’un d’entre nous.

La profondeur de ce ruisseau à sec (Wolfhezebeek) a de qui étonner. Anne est heureuse de nous apprendre qu’il a été creusé par les hommes dans les siècles passés pour arriver jusqu’à l’eau et alimenter des moulins à papier à quelques kms de là, plus bas, sur le rebord du plateau au-dessus du Rhin (Doorwerth, Renkum) . La région comptait beaucoup de papeteries. Il en reste encore deux (modernes bien sûr) à Renkum-Heelsum.
La balade se poursuit vers l’est (à droite) le long des champs de bruyère (Wolfhezer Heide). Elles couvrent un terrain sableux et pauvre apporté par la moraine glaciaire . Leur couleur rose-violet s’est affadie. Ce devait être magnifique fin août - début septembre. Au passage, nous goûtons quelques baies de genièvre d’un des rares genévriers subsistants. De couleur bleue et un peu desséchées, on aime ou on n’aime pas leur saveur caractéristique. Il paraît que leurs graines n’arrivent pas à germer par manque d’une certaine moisissure dans le sol dont elles ont besoin. José évoque le gin parfumé justement au genièvre, tandis que les Françoises préfèrent les petites baies dans la choucroute.
Une double surprise nous attend : un ruisseau avec une eau claire et limpide coule ou plutôt serpente au milieu des champs de bruyère et d’herbe. C’est le Heelsumsebeek. Notre guide, toujours attentive, nous explique que l’écoulement a été rendu possible parce que les hommes ont apporté une couche imperméable d’argile pour éviter que l’eau disparaisse dans le sol. Là encore pour alimenter les moulins à papier et d’autres petites industries comme les laveries.

Deuxième surprise : une équipe de bénévoles de Natuur Monumenten est en train de nettoyer le fond du ruisseau ; 8 personnes s’activent de mai à octobre sur le terrain. L’un d’eux nous explique que le ruisseau est nettoyé chaque année sinon, après 2 ans, il est envahi d’herbes. Nous sommes surpris par l’importance du travail d’entretien réalisé. Nous ne sommes donc pas en présence d’une aire totalement naturelle mais bien d’un terrain où la nature est préservée par l’action de l’homme.

Arrivés au bout de la Wolfhezer Heide, quelques champignons accrochés aux arbres morts méritent une photo.
Discussion sur leur nom ... Ce sont des Polypores du bouleau (berkzwam) qui ressemblent un peu aux Bancs d’Elfs (Elfenbankjes). Le chemin tourne vers la droite et se rapproche un moment de l’autoroute A50 pour nous ramener en boucle vers notre point de départ.
Sur notre droite, une petite bosse . Evelyne interrompt notre marche. C’est un tumulus ou tertre funéraire (grafheuvel).

Nombreux entre Oosterbeek et Wolfheze, ils datent de la Préhistoire, Age du Bronze et du Fer (il y a 3 à 5000 ans). Des gens sans doute importants y étaient enterrés entourés d’objets qui devaient les accompagner dans l’au-delà.
On y a trouvé de nombreux vases (bekers) en terre cuite, des bijoux et des armes. Certains vases sont exposés dans le Musée Historique d’Arnhem situé dans la nouvelle bibliothèque. Ces tumulus sont aujourd’hui vides, sans doute pillés au fil des siècles avant que les archéologues s’y intéressent.
Occasion pour Elisabeth et Hans d’échanger quelques impressions sur cette nouvelle bibliothèque…dans laquelle est installé un tobogan pour les jeunes enfants !...
C’est sans glissade mais avec toujours le même entrain qu’on poursuit notre route tout droit sur ce chemin sableux, aujourd’hui modeste mais qui fut d’une importance stratégique : la Hessenweg, une voie commerciale reliant l’Allemagne à la Hollande, et entre autres Arnhem à Utrecht.

A droite, deux jolis chiens, deux koelies, rassemblent quelques moutons dans un enclos mobile. Leur toison offre de jolies nuances allant du beige au marron. Quel est le but de cette manoeuvre? sans doute que les moutons broutent l’herbe et les jeunes pousses d’arbres qui concurrencent la bruyère. Si celle-ci n’est pas entretenue, elle disparaîtra. Pour témoin, ces arbres de plusieurs mètres ayant envahi un petit enclos-témoin non entretenu placé par Natuur Monumenten. Quand Anne est passée ici, il y a 20 ans, il n’y avait aucun arbre dans l‘enclos qui venait d’être placé. Encore une preuve que nous nous promenons dans un terrain où la nature est protégée pour être conservée dans un certain état sinon elle changerait vite. (Aujourd’hui, nous n’avons pas vu de Hooglanders, bien connus des autres promenades au Mookerheide)
A quelques mètres de là, à gauche, l’écoduct au-dessus de l’autoroute A50. Il permet le passage des animaux et les interactions entre la nature des deux côtés de l’autoroute. Marjan m’explique que c’est très important pour les crapauds qui se déplacent vers le sud pendant la saison de l’accouplement.

Un peu plus loin, à gauche, une élévation du terrain marque l’emplacement de l’ancien village de Wolfheze, un tout petit village totalement détruit par les Espagnols en 1585 pendant la Guerre de 80 ans. On a retrouvé les fondements de l’église dans le sol et il reste une gravure de cette église.
Après cette destruction, le village de Wolfheze a cessé d’exister pendant plus de deux siècles. Dans la 2e moitié du 19e s, l’arrivée du chemin de fer fit naître un nouveau village autour de la petite gare (à 1 km d’ici, de au nord de la A50). Mais c’est la construction de l’hôpital psychiatrique en 1907 qui provoqua le développement du village.
Notre circuit dessine un 8 . En tournant à droite, on passe le long de l’ancienne ferme appelée Kousenboerderij (la ferme des chaussettes). Une ferme sur ces terres sableuses ne rapportait pas gros. Alors, pour se faire un peu d’argent la fermière lavait les chaussettes des patients de l’hôpital psychiatrique. Un incendie a détruit la ferme vers 1990. Le bâtiment reconstruit abrite du matériel de Natuur Monumenten.

Un dernier tournant vers la gauche le long du ruisseau sec que nous avons vu au début, et ce sentier nous ramène vers le parking en face de l’hôtel Wolfheze.
Mais que se passe-t-il ? les premières gouttes de pluie (commandées par José) sont au rendez-vous : il est midi et demi ! Ouf !
Capuccino ou autre breuvage, apfel-struddel pour les gourmands et croque-monsieur ou oeufs sur le plat pour les plus affamés, chacun apprécie un petit réconfort, bien au chaud après deux heures d’une balade appréciée de tous.
Tous remercient Anne et Evelyne pour les avoir guidés. Merci aussi aux courageux Nimégois d’avoir tenté l’aventure de la Wolfhezer Heide et aux nouveaux venus de nous avoir apporté leur compagnie agréable.



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